Maude Corriveau

Dessin, Peinture

Maude	Corriveau

Biographie

Maude Corriveau vit et travaille à Montréal et est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM (2009). Elle débute sa carrière comme illustratrice et entame en 2016 une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, dans le cadre de laquelle elle effectue un échange interuniversitaire à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, à Bruxelles. En 2018, elle est chargée de cours au certificat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM.

Elle s’intéresse aux objets de consommation clinquants et obsolètes qui font partie de notre identité culturelle. Par un procédé de sélection, d’assemblage, de capture photographique et de représentation hyperréaliste en peinture et en dessin, elle dévoile leurs matérialités et leurs qualités esthétiques, faisant apparaitre une tension entre artifice et idéal classique de la mimesis.

Son travail a figuré dans plusieurs expositions collectives incluant la Galerie B-312, le centre de diffusion et d’expérimentation de l’UQÀM (CDEx) et le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire. Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées au Canada.
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Démarche

Dénichés dans les brocantes ou les magasins à un dollar, je collectionne pour leurs qualités esthétiques, toute sorte d’objets de pacotille à caractère festif, résiduel ou sans grande valeur. Cela m’amène à interroger le statut des objets de consommation qui agissent comme miroir métaphorique de notre identité culturelle – hédonisme, égocentrisme, artifice, obsolescence programmée, etc. – tout en leur attribuant une valeur symbolique subjective qui plonge parfois dans l’univers de l’enfance, parfois dans celui du kitsch, mêlant impressions de dérision et de (dés)enchantement.

Fascinée par l’action de la lumière sur la matière et les manipulations de forme faisant émerger des ombres et reflets vibrants, j’amasse ces artefacts pour leurs propriétés plastiques singulières telles que le scintillement, l’iridescence, le diaphane, la fragilité et le toc. Je vise à sublimer la désuétude des choses, transfigurer le banal en sacré, le mauvais goût en quelque chose de précieux et merveilleux en leur conférant une luminosité auratique et des valeurs chromatiques irisées.

En isolant mes sujets de leur contexte référentiel, je procède à l’assemblage d’éléments hétéroclites comme des bibelots, des jouets ou des matériaux d’emballage cadeau, que je mets en scène et photographie. En privilégiant la pratique du dessin sur papier de moyen à grand format, j’explore les codes de la nature morte et du trompe-l’œil par un processus de représentation hyperréaliste. Très attachée au travail de la main dans un monde de plus en plus médiatisé, industrialisé et virtualisé, j’use de mon savoir-faire technique pour créer une tension entre l’idéal esthétique de la mimèsis – c’est-à-dire l’imitation interprétative et idéalisée de la réalité – propre à la peinture classique, et la trivialité de mes choix iconographiques réalisés aux crayons prismacolor, illustrant par exemple des cellophanes chiffonnés ou des pailles imbriquées.

Je joue de stratégies de séduction et je m’intéresse à l’illusion qui engage le spectateur à une participation active. ; ses sens trompés, il développe un rapport d’intimité avec l’œuvre. Cela m’a récemment amenée à explorer les formes et les qualités sculpturales en tant que prolongement de ma production picturale, à travers de nouveaux dispositifs de présentation installative visant à mystifier davantage l’expérience de l’œuvre.