Alexandre Pépin

Dessin, Peinture

Alexandre Pépin

Biographie

Alexandre Pépin vit et travaille à Montréal. Il est titulaire d’un baccalauréat en Studio Arts de l’Université Concordia.

Il peint des ensembles d’objets imaginaires rappelant à la fois le médium-jouet de la pâte à modeler et le genre pictural de la vanité; une représentation allégorique de la mort, du passage du temps et de la vacuité des passions et activités humaines au travers de l’accumulation des objets que pensons posséder.

Il est récipiendaire d’une bourse de recherche, création et exploration Conseil des Arts et Lettres du Québec en 2017, obtenue pour la réalisation d’une première résidence de recherche artistique au Vermont Studio Center.

Son travail fut présenté à la Galerie Marc Gosselin dans la cadre de sa première exposition solo Les Corps Fongiques, puis dans d’autres espaces de diffusion montréalais tels la Galerie ArtGang, la Galerie B-312, le festival Art Pop ainsi qu’à Eastern Bloc dans le cadre d’expositions collectives.

Il est également cofondateur de l’émission radiophonique Les Étangs D’art visant à promouvoir, démystifier et valoriser les arts visuels montréalais, diffusée sur les ondes de CISM au 89,3FM.
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Démarche

À l’image de la peinture et de la pâte à modeler, mon travail est la matrice d’un monde imaginaire en mouvement qui change constamment; une source infinie d’histoires qui émergent et se démêlent dans la matière, remontant à la racine de toute création qui est l’apprentissage même de la notion de jeu.

Je privilégie la pâte à modeler et la peinture, deux médiums très semblables dans leur essence colorée, malléable, réfléchissante et représentative. Dans des compositions ludiques, ironiques et hyperréalistes, je leur confère la capacité de créer des ensembles d’objets ambigus qui seront à la fois beaux et dangereux, intrigants et inquiétants, comme toute forme de vie inconnue ou étrange.

Je m’intéresse au contexte commercial de la peinture et à la valeur esthétique, symbolique et marchande des objets et de l’apparence des objets représentés sur la toile. En cela , mon travail dénonce la lumière et la couleur, composantes fondamentales de la peinture, utilisées comme des outils cosmétiques servant à augmenter ou diminuer la valeur des objets. Les objets peints sont des mensonges vivants; ils n’existent pas.

Je crée des ensembles d’objets imaginaires rappelant à la fois le médium-jouet de la pâte à modeler et le genre pictural de la vanité; une représentation allégorique de la mort, du passage du temps et de la vacuité des passions et activités humaines en dépeignant les objets qui auront servi à construire l’identité d’un individu. Prenant des allures de viscères, de formes organiques et phytomorphiques virulentes et de figures grotesques rappelant parfois la carcasse, ces formes, par leur nature à la fois repoussante et intrigante, aliènent l’objet de luxe en rendant étrange leur fonction commerciale.

En somme, je compose des mondes imaginaires, des abstractions hyperréalistes, des portraits d’objets influencés par une culture matérielle et par la valeur que nous accordons à l’allure de la matière qui découle de cette culture.

Ce sont des cabinets, des jardins, des autels, des vivariums,
des paysages empaillés,

Où baignent des œuvres pour occuper les formes esseulées.

Ce sont des corps fragmentés,

des beignes
des tripes
des bijoux
des organismes
des objets d’art
des morceaux d’orifices,

pour le plaisir des corps en carence.

Pour la teinte grise d’une chose épuisée,
la lumière couvre les corps meurtris d’éclats d’or.