Geneviève Bilodeau-Blain

Peinture

Geneviève Bilodeau-Blain

Biographie

Née à l’Ile-Perrot, Geneviève Bilodeau-Blain vit et travaille actuellement à Montréal. Forte d’un parcours scolaire strictement scientifique, elle débute la peinture et la poésie simultanément à La Rochelle (France) grâce à un mentorat en 2010. Elle commence d’abord par illustrer ses poèmes, puis les gens qu’elle rencontre lors de ce voyage initiatique. Elle revient à Montréal pour terminer ses études en biologie, avec l’intention de poursuivre sa démarche poétique et artistique. Mêlant collage et peinture, elle jongle entre l’abstraction et la figuration, pour imager les équilibres précaires des écosystèmes. Jouant aussi entre le microscopique (molécules) et le macroscopique (animaux), ses palettes de couleurs lui viennent de ses vieilles encyclopédies de sciences, qu’elle n’hésite pas à découper et remanier. En 2017, elle publie un premier recueil de poésie illustré aux Éditions OMRI, La Cellule Naïve, qui relate ces grandes tempêtes que la vie nous amène à traverser. Habile avec les mots, l’acrylique et le pastel à l’huile, elle travaille présentement sur une série figurative à l’aquarelle. Elle continue ainsi son exploration des médiums dans son processus personnel d’interprétation du monde vivant.
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Démarche

Forte d’un parcours strictement scientifique, c’est en 2010 que mes sujets de recherche en biologie sont devenus des modèles de dessins d’observation. Autodidacte, je mêle poésie, collage et peinture abstraite pour exprimer les relations de l’ordre du moléculaire.

Je travaille essentiellement le pastel à l’huile et l’acrylique que j’associe à des collages. Mon travail tourne autour du Bio Art. Mon travail se fait majoritairement en nature et porte sur les ressources animales et végétales rencontrées. Allant du microscopique (le plancton) au macroscopique (les oiseaux de mer), mes oeuvres sont contemplatives et douces, peut-être pour contrer cette épilepsie des villes et reconnecter avec des mouvements intérieurs naturels.

Mon objectif ultime est de parvenir à travers mes oeuvres à un retour à l’exploration des Sciences comme elle l’était dans les années 50 : dans ce monde biologique où tout était encore à nommer et à schématiser. Si des scientifiques comme Pierre Dansereau, pilier de l’écologie au Québec, illustraient la nature le plus fidèlement possible à des fins d’identification, j’opte plutôt pour une interprétation personnelle de celle-ci que je traduis par la peinture et le collage. J’admire donc le travail des anciens, des naturalistes et/ou des observateurs du monde réel, biotique et abiotique, qui se lançaient seuls face à l’adversité. Cette nostalgie du temps où la Science n’était pas encore confinée aux laboratoires, qu’elle était là, disponible à tous, vierge et prête à être dessinée.

Ce que je propose à travers mes oeuvres aux couleurs pop, c’est une interprétation poétique de l’équilibre précaire des écosystèmes du monde entier. On y voit des formes s’emboîter comme des molécules, des animaux devenir hybrides, des croix comme lieux de réactions chimiques. Je joue sur les dynamiques et j’utilise des couleurs saturées pour justement attirer le regard sur des phénomènes microscopiques. Je m’inspire aussi des palettes de couleurs des vieux National Geographic, que je découpe par la suite pour créer ces collages, des superpositions inusitées. À l’origine, ces collages se présentent sous petits formats, mais sont ensuite agrandis pour des interventions ultérieures. Peut-être pour exprimer l’éternelle mouvance des relations. En tant que poète, je suis aussi beaucoup influencée par le mouvement littéraire des haïkus, c’est-à-dire, mettre en images l’éphémère en quelques lignes ou formes seulement.

En conclusion, ma pratique se déploie dans les limites de l’écologie du regard, où je tente de faire tomber les murs du laboratoire en jonglant avec la Science sur papier. Poète de l’image avant tout, ou bien, scientifique non cartésienne qui se laisse pénétrer par l’immensité de la nature, j’oscille entre deux univers. Enfin, je tente de me tailler une place en tant qu’artiste depuis plusieurs années, mais le sentiment d’imposteur n’est finalement que le moteur de grands projets.