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Note à moi-même / Maison Mobile

Artch - Rayonner
15.10.2026
18.10.2026

Espace Transmission

5435 av. des Érables, Montréal, QC H2H 2E8

Clara Cousineau et Espace Transmission

Artiste membre de la deuxième cohorte artch, Clara Cousineau est membre de la famille derrière Espace Transmission, un lieu de rassemblement dédié à la communauté créative de Montréal et d’ailleurs.

Cet espace répond à un besoin partagé par Clara et son frère, Alexis Cousineau : celui d’un espace commun, inclusif et pérenne, où la création peut émerger, se développer et se transmettre.

Aujourd’hui, Espace Transmission abrite des ateliers d’artistes ainsi qu’une salle multifonctionnelle, conçue pour accompagner les différentes étapes de production et de diffusion d’une œuvre, contribuant ainsi à nourrir et à faire rayonner la création contemporaine.

Note à moi-même / Maison Mobile

Maison Mobile prend forme dans la continuité de mon projet d’art-action Note à moi-même, une recherche amorcée autour de la mémoire, de l’oubli, de la transformation et des traces laissées par les objets et les lieux.

Dans Note à moi-même, je constitue une collection d’objets jaunes trouvés dans mon quotidien, que je transforme par une perforation carrée. Le geste consiste à intervenir sur des objets existants, à altérer leur fonction et leur apparence, tout en conservant la trace de ce qui leur a été retiré. La petite maison au cœur de Maison Mobile est d’abord apparue comme une nouvelle forme de cette recherche.

La maison est entrée dans mon histoire familiale par l’intermédiaire de mon frère, Alexis, qui l’a achetée afin de se rapprocher du territoire où il pratique depuis quelques années un travail saisonnier de pêche aux oursins, dans le secteur de Cacouna. Il y a vécu pendant trois ans au fil de ses saisons de pêche. Déjà dans un état de dégradation important au moment de son acquisition, la maison était éventuellement destinée à être démolie.

Lorsque sa disparition est devenue concrète, mon frère m’a proposé de l’utiliser comme espace de résidence et de création avant sa démolition. Cette situation a ouvert un espace d’exploration particulièrement fertile autour d’un objet dont la fonction, l’histoire et la présence étaient sur le point de disparaître.

Dans un premier temps, la maison a donc été intégrée à Note à moi-même comme l’objet le plus monumental de la collection. J’ai choisi de l’immortaliser dans cet état transitoire en la recouvrant entièrement d’un jaune vif. Cette couleur, déjà présente dans le corpus de Note à moi-même, devient ici une intervention à une autre échelle. Elle recouvre les traces du passé tout en détachant la maison du territoire où elle était ancrée. Plutôt que de se fondre dans son environnement, elle devient volontairement extrêmement visible.

C’est au cours de cette transformation que le projet a progressivement pris une nouvelle direction. La maison a cessé d’être uniquement un objet fixe voué à disparaître pour devenir un sujet à suivre à travers un parcours qui viendra bousculer sa trajectoire. Son déplacement réel a fait émerger l’idée d’un court métrage expérimental dont elle sera le personnage principal. Une petite ouverture pratiquée dans le mur de sa chambre devient son point de vue sur le monde. Une caméra placée derrière cette ouverture enregistre les paysages, les mouvements et les rencontres qui se présentent à elle. Le déplacement physique de la maison opère ainsi un déplacement du regard sur sa fonction.

D’abord habitation, puis espace de création, objet de la collection Note à moi-même, sculpture et dispositif de captation, la maison devient progressivement personnage et mémoire vivante. Après avoir abrité pendant près de 60 ans la vie de ses habitant·es, c’est à son tour d’habiter le monde, de l’observer et d’en faire l’expérience.

La trajectoire

La maison, utilisée comme espace de résidence, a d’abord quitté son ancrage d’origine au bout de la Grève-Leclerc avant de se rendre à Trois-Pistoles, sur le terrain de la Maison du Notaire, où j’ai présenté une exposition sur la genèse du projet à travers une recherche photographique, sculpturale et interactive.

Devenue sculpture en transit, elle a ensuite quitté le centre d’art pour traverser le fleuve Saint-Laurent à bord de l’Héritage 1 et être amarrée aux Escoumins, avant de reprendre la route vers Baie-Saint-Paul pour intégrer la programmation du Symposium d’art contemporain à l’été 2026. Installée face au fleuve, de l’autre côté de la rive, elle a ouvert ses portes au public pendant une semaine, puis a poursuivi sa route vers Montréal en passant par le pont Jacques-Cartier.

Elle est maintenant installée dans le stationnement d’Espace Transmission, où elle demeurera temporairement avant d’intégrer l’espace d’exposition à l’été 2027, accompagnée du court métrage Maison Mobile, qui retrace et documente son parcours depuis son point d’ancrage.

 

 

Écrit par Clara Cousineau

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